04/03/2008

14 000 personnes pour le droit de mourir dans la dignité

 

 

 

Avons-nous le droit de choisir notre mort? Pouvons-nous mettre fin à nos jours lorsque nos souffrances sont devenues insupportables et que la maladie ne peut plus être combattue? Ces questions nous toucheront tous un jour ou l'autre, de près ou de loin, puisqu’aucun de nous n’est éternel. L'association EXIT se bat depuis de nombreuses années avec ses 14 000 membres pour faire respecter ce droit naturel donné à tout homme : celui de mourir dans la dignité.

 

Créée en 1982 à Genève, l'Association a pour but de "donner une bonne mort", qui est d’ailleurs la traduction exacte du mot grec « euthanatos », explique le Président d'EXIT suisse romande, le docteur Jérôme Sobel. Cette association permet à ses membres de donner leurs directives anticipées pour la fin de leur vie, comme l'arrêt des traitements lourds en cas de maladie grave ou l'arrêt de l'acharnement thérapeutique dans des cas sans issue. Longtemps refusé, le terme utilisé pour ce genre de démarche est "suicide assisté". Cette expression lourde de sens est définie par les moyens mis à disposition de la personne et le fait que c'est cette dernière qui exécutera le geste.

 

Au contraire de l'euthanasie active directe considérée comme un homicide intentionnel par la loi Suisse, l'euthanasie passive est permise dans notre pays. Le suicide assisté est donc légal selon l'article 115 du CPS, si toutefois les motifs ne sont pas de caractère égoïste. La procédure est stricte, il faut cinq conditions cumulatives pour une assistance au suicide: la capacité de discernement selon l'article 16 du code civil suisse, une demande sérieuse et répétée, être atteint d'une maladie incurable, avoir des souffrances physiques ou psychologiques intolérables, avoir une invalidité complète ou un pronostic fatal.

 

Tous les cas sont annoncés aux autorités et EXIT fait face à des procédures strictes, à des poursuites pénales, des enquêtes de médecins légistes qui se terminent tous par un non lieu, l'Association respectant la loi à la lettre. En 2007, 235 personnes ont déposé une demande de suicide assisté, dont 66 seulement ont abouti. Il s’agit surtout de personnes âgées (75-80 ans en moyenne).

 

Depuis janvier 2006, le CHUV de Lausanne accepte l'idée du suicide assisté dans des circonstances exceptionnelles, avec une procédure préalablement suivie et si la personne se trouve dans l'incapacité de rentrer chez elle. Les hôpitaux de Genève et Berne suivent la même attitude, bien que l'euthanasie ne soit pas pratiquée dans le milieu hospitalier. Les milieux médicaux, souvent jaloux de leur pouvoir, n’admettent en effet pas volontiers que le patient puisse choisir l’arrêt de son traitement et sa mort.

 

Il y a une évolution des mœurs en suisse. Aujourd'hui, le terme suicide assisté est toléré par l'Académie Suisse des sciences médicales et par le tribunal fédéral qui a rendu un arrêt le 3 novembre 2006, permettant à un membre de l'association DIGNITAS de prendre la "potion" fatale. Décider de mettre fin à sa vie est un choix difficile autant pour la personne concernée que pour ses proches, mais avoir le choix n'est-il pas un droit inhérent à chaque être humain?

 

 

 

Chrystel Dayer : « Exit ou le droit de mourir dans la dignité ». Résumé de la conférence du Dr Jérôme Sobel donnée le jeudi 7 février 2007 au Club suisse de la presse en collaboration de l’Association de la presse étrangère en Suisse.

09:52 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

il ne suffie pas d'etre atteint d'une maladie pour mourrir defois une accumulations de deceptions et dont nous n'avons plus la force de nous battre et que psycologiquement ca nous a atteint au plus profont peut aussi mettre fin a nos jour pour ne pas en souffrir toute notre vie

Écrit par : bouilliez | 24/02/2010

j'aimerais tant mourir en prenant une potion et m'endormir

Écrit par : zinty | 19/04/2010

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