20/05/2008

Platini, l'homme aux pieds d'or

Le 1er février 2007, entre Saint-Cloud et Nyon, Michel Platini chantait au volant de sa voiture : « J’ai mis 7 heures et demie pour faire Paris Genève, un grand moment de bonheur ! » Le tout nouveau président de l’UEFA savoure pleinement « ce grand moment de sa vie » et sans doute regarde-t-il avec satisfaction le chemin qui l’a conduit, en 35 ans, de pupille de l’équipe lorraine de Joeuf à la tête de l’institution-phare du foot européen après avoir franchi toutes les étapes d’une carrière de footballeur exceptionnelle. A 53 ans, Platini peut en effet se flatter d’être l’un des rares sportifs à avoir non seulement réussi une carrière de champion mais à accéder aux plus hautes responsabilités dans la direction de sa discipline. Avec lui, le cliché du footeux qui a mis toute sa cervelle dans ses pieds en prend un sacré coup. Il faut dire que l’homme est bougrement sympathique, et madré comme pas un : tout son génie tient à une seule tactique : toujours avoir un coup d’avance, toujours anticiper, sur le gazon comme sur les moquettes aseptisées des dirigeants de clubs. En quinze mois, il aura en effet conquis et transformé l’UEFA avec le même savoir-faire qu’à l’AS Nancy, à Saint-Etienne ou à la Juve, en s’imposant en douceur, façon « pied de fer dans un gant de velours ». Les connaisseurs apprécient : en un an aux manettes du foot européen, « Platoche » aura quasiment réglé tous es objectifs : démocratisation de la Ligue des Champions, accord avec les clubs sur la mise à disposition des joueurs internationaux, abolition du G14 (le lobby des grands clubs) et retrait de leurs plaintes. Avec ces performances, la prochaine coupe de l’UEFA semble donc devoir s’annoncer sous les meilleurs auspices. Michel Platini se veut donc tout à fait rassurant. « Les stades sont prêts, les Suisses ont appris du Portugal et pris de l’avance ». La vente effective des billets vient de commencer et on joue déjà à guichets fermés. La spéculation et le marché noir ? « C’est le signe que le foot intéresse. Comment l’empêcher quand on a une demande de 15 millions de billets pour quelques centaines de milliers de places disponibles ? On ne peut pas construire des stades de 100 000 places pour y faire jouer le Servette le reste de l’année ! » Les frictions avec les organisateurs locaux, genevois, bâlois et autres, à propos des écrans et des exclusivités publicitaires ? Réglées. Sur les 2 milliards de francs de recettes attendues pour l’Euro 2008, la moitié servira à payer les factures et l’autre sera redistribuée aux clubs pour développer le foot. Son équipe préférée ? Le président de l’UEFA ne peut pas en avoir, mais il avoue un faible pour l’équipe allemande, « qui transmet le plus d’ondes positives » à cause de sa fraîcheur. Conclusion : comme d’habitude, la fièvre va commencer à monter quand les premières équipes arriveront en Suisse, et il est sûr que les Suisses sauront accueillir les centaines de milliers de supporters attendus avec chaleur, convivialité, et leur montrer que « la Suisse est un beau pays. » Qu’on se le dise : la balle est dans notre camp et c’est maintenant à nous de jouer !

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Commentaires

La phrase excellente: la balle est dans notre camp et c’est maintenant à nous de jouer! Je m'irteresse beaucoup a ce sujet. Je pense que cette information peut etre utile pour moi. Si vous avez encore queque chose, ecrivez-vous. Merci pour votre article.

Écrit par : Elian | 02/09/2008

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