25/11/2008

Inclure ou non les handicapés

Ce matin 25 novembre s'ouvre à Genève la 48e conférence internationale sur l'éducation. Une centaine de ministres et vice-ministres et 1500 experts y sont attendus. Thème: l'inclusion des enfants privés d'éducation par la pauvreté (75 millions dans le monde) ou souffrant d'un handicap physique ou mental (650 millions de personnes dans le monde, tous âges confondus).

Le problème n'est pas simple, comme l'ont relevé le Conseiller d'Etat Charles Beer, qui représente la Suisse à la conférence, et Mme Clementina Acedo, directrice du Bureau international de l'éducation à Genève. Faut-il intégrer et inclure les enfants handicapés dans les classes ordinaires ou au contraire créer des classes spécialisées à leur intention? Comment définir le handicap? Selon les critères de l'assurance invalidité, qui vous garantit une rente et des indemnités mais vous estampille à vie dans une catégorie sociale à part? Et comment différencier l'éducation selon les types de difficultés, un enfant sourd-muet, hyperactif ou souffrant de troubles de comportement suite au divorce de ses parents exigeant à chaque fois une réponse personnalisée?

Et surtout, comment tenir compte du regard des autres? On le sait, Boris Cyrulnik l'a assez répété, la "résilience" des enfants dépend en premier lieu du regard qu'on porte sur eux, de la confiance qu'on leur témoigne. Or la présence d'enfants en difficultés dans une classe engendre d'énormes tensions: entre les enfants eux-mêmes, souvent cruels à l'égard de qui n'est pas comme eux, et entre les parents et l'école, les premiers craignant que les enfants handicapés ne contaminent leur progéniture, même si le politiquement correct empêche de l'avouer.

La tendance actuelle est d'aller vers davantage d'inclusion, l'idée étant qu'une séparation trop grande ne fait que repousser le problème de l'intégration sociale plus tard, après la sortie de l'école. C'est pertinent, évidemment, mais cela exige de chacun de nous, parent, enseignant, élève, un sacré effort d'ouverture d'esprit, pour casser ces préjugés si profondément enfouis contre la "différence".

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Commentaires

Il s'agit d'abord de faire la différence entre un enfant handicapé, né tel et celui qui souffre d'un trouble du comportement dû à des circonstances difficiles vécues/subies dans sa vie. Ce n'est pas la même chose. Et la prise en charge n'est pas la même.

Puis, parler de handicap en général ne signifie pas non plus grand chose. De quel handicap parle-t-on?

Il me semble qu'il ne faudrait, en matière, jamais partir d'une "catégorie" (pratique pour les rentes AI et rien d'autre), mais bien de la personne. La question est: tel enfant bénéficiera-t-il ou pas de l'inclusion (concept différent de l'intégration) ?


Ce qui est sûr, croyez-moi, c'est que les enfants dits "ordinaires" en bénéficient dans tous les cas: eux ne voient pas la différence, ils ne retiennent que les jeux de l'enfance. Et, c'est -au delà de toutes les théories- le plus important.

Écrit par : Marie-Jeanne | 25/11/2008

Monsieur Mettant, bonjour....
tout d'abord , félicitation pour votre nomination au poste de vice-pdt du GC.

concernant votre sujet, il est exacte que l'inclusion/intégration des enfants en situation de handicap ne peut se prendre dans sa globalité avec des réponses toutes-faites...
Il faut plutôt privilégierr une intégration personnalisée, mais globalisée à toute la population concernée, désireuse de suivre un cursus scolaire dit le plus ¨normal" possible !

La tendance mondiale définie l'intégration comme pierre angulaire d'une société dite ouverte où les discriminations reculent. le droit à vivre parmis les autres n'est point une ¨faveur"accordée, mais belle et bien un droit fondamentale, au même titre que la liberté, le droit à l'autodétermination et le respect de la vie privée, par exemple...

aussi, sous cet aspect, les arguments du styles, "les enfants sont violents entre eux, les parents sont réticents..."
La population véhiculent de vieux démons qu'il faut combattre !!!

d'ailleurs, les deux conventions que la Suisse n'a pas signé ni ratifié (onu 2007)
auraient réglé toutes ces questions d'un coup, un seul !
la Suisse, n'aurait pas eut le luxe de tergiverser comme elle le fait depuis lors, à savoir l'obligation d'intégration, la reconnaissance des droits des personnes handicapées en tant qu'individu à part entière avec tous les recours juridiques-judiciaires inhérant à tout un chacun...
Bref un Vrai Etat de Droit.... mais une chimère dans notre Bô pays.....

un petit lien pour étayer notre critique :
http://www.humanrights.ch/home/fr/idart_3826-content.html

Écrit par : David | 25/11/2008

Cher David,

Mille mercis pour vos félicitations. Le chemin à parcourir pour faire pleinement reconnaître les droits et la personne des handicapés est en effet encore très long. Mais des mesures telles que clle d e l'invlusion sont des étapes importantes.
GMettan

Écrit par : Guy Mettan | 30/11/2008

Cher David,

Mille mercis pour vos félicitations. Le chemin à parcourir pour faire pleinement reconnaître les droits et la personne des handicapés est en effet encore très long. Mais des mesures telles que clle d e l'invlusion sont des étapes importantes.
GMettan

Écrit par : Guy Mettan | 30/11/2008

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