27/04/2009

Durban II ou le miracle de Genève

 

 

→Compromise en février, restaurée en mars, boycottée le 16 avril, naufragée le 20 à cause du président Ahmadinejad, sauvée le lendemain grâce à un accord arraché à l’unanimité: la conférence de Durban aura vraiment eu tous les accents d’un mélodrame à l’échelle de la planète. Avec ses héros (le médiateur russe Boychenko, la présidente Navi Pillay, l’ambassadeur du Pakistan, les défenseurs de la mémoire de la Shoah), ses mauvais génies (le président iranien, quelques ONG malintentionnées, des boycotteurs irresponsables comme le Canada) et une foule de participants anonymes (1000 délégués, 4000 ONG) finalement animée d’une intelligence collective remarquable.

 

 

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→Car on est passé à un cheveu de la catastrophe. Si le président iranien avait réussi son coup, à savoir désolidariser les pays arabes et africains de la Déclaration finale qui avait supprimé toute référence à Israël et à la diffamation des religions, le «clash» des civilisations aurait bel et bien eu lieu. A un moment, quand les délégations européennes ont quitté la salle et qu’il n’y avait plus un visage «blanc», plus un Occidental dans la salle à part quelques égarés, on a vraiment pu avoir l’impression que le monde était définitivement coupé en deux.

 

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→Ce renversement a été possible grâce aux dizaines de diplomates qui se sont activé pendant des semaines et n’ont pas accepté de voir leur travail éclipsé par le numéro de cirque du président iranien, grâce au théâtre d’ombres japonaises mené par le duo Merz-Calmy Rey, et à l’habileté de la présidence de la conférence qui, grâce à un artifice de procédure des Nations Unies, a pu faire voter la déclaration finale de façon inattendue et à la quasi unanimité, seules les oppositions écrites étant prises en considération (182 oui, 9 non, la République tchèque ne prenant pas part au vote faute d’avoir signalé son opposition par écrit).

 

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→Une mot enfin sur le génocide des Arméniens dont on a commémoré le 94e anniversaire le 24 avril dernier. Les responsables de la communauté arménienne en Suisse, Sarkis Shahinian et Raffi Garibian, ont rappelé à ce propos l’ambiguïté de la Suisse, qui évite systématiquement de parler de génocide pour ménager la Turquie. Et l’accord troublant intervenu entre la Turquie et l’Arménie 48 heures avant la commémoration, comme si on voulait l’éclipser des médias…CQFD.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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