29/11/2011

A travers des portraits de jeunes, celui de la Grèce dans la tourmente

Le 24 novembre 2011, Le Club suisse de la presse recevait Isabelle Guisan pour une conférence de presse sur son livre "Les enfants de l'euro" (éditions Xenia)

 


A travers des portraits de jeunes, celui de la Grèce dans la tourmente

 

Suisse romande, d’origine grecque par sa mère et naturalisée grecque, Isabelle Guisan passe quelques semaines par an dans sa maison de Kéa, une île des Cyclades. Elle connaît la Grèce depuis sa petite enfance et parle couramment sa langue.
Depuis des années, elle y suivait la dégradation de la situation socio-économique, mais en décembre 2010, alors qu'elle marche dans les rues d'Athènes, pour la première fois elle ne se sent plus en sécurité, déclic pour écrire un livre sur l’état du pays. "Pourquoi pas autour des jeunes ? " se dit-elle. Ce sera Les enfants de l’euro*, des portraits en images aussi, signées par deux jeunes photographes indépendants, élèves de l'Ecole de Vevey, Nelly Rodriguez et Alexis Voelin.

Bien avant que les Indignés n'occupent la Puerta del Sol, les jeunes Grecs manifestaient déjà leur colère contre les "voleurs" de la classe politique. Mais Isabelle Guisan ne cherche pas à rencontrer des porte-voix. Ce sont au contraire "les silencieux" qui l'intéressent. Dès février 2011, avec les deux photographes, elle pérégrine à travers le pays, entre Orestiada, petite ville frontière entre la Grèce et la Turquie, où la Grèce voulait ériger un grillage pour contenir l’afflux d’immigrés, Xanthi, dans la vallée des Pomaques, où vivent des Grecs appartenant à la minorité musulmane, objet d'une discrimination immémoriale, Paros et Kéa, dans les Cyclades, et Athènes.

« Tous serrent les dents et s’agrippent au volant »
Guidée par le hasard et ses contacts personnels, Isabelle Guisan découvre une quinzaine de jeunes de cultures et de religions diverses, à l’image de la Grèce d’aujourd’hui, qui intéresse si peu les touristes contrairement à la Grèce antique. Ils sont chauffeur de taxi, hôtelière, militant homosexuel, insulaire, rappeur… Plus qu’indignés, désemparés, « comme autant de voitures tamponneuse d’un Luna Park qui se heurtent et puis s’immobilisent un instant avant d’être poussées dans une nouvelle direction. Tous serrent les dents et s’agrippent au volant sur la piste fermée qui les oblige à tourner en rond », écrit-elle. Ils évoquent leur vie, leurs chances sur le marché du travail, leur avenir, celui de la Grèce, leurs espoirs ou leurs dégoûts, leurs rêves. Parmi eux des migrants, qui ont particulièrement attiré l’attention de l’auteure, elle-même fille d’une immigrée.

 

Alors que les médias n'évoquent plus la Grèce qu'en termes macroéconomiques, Les enfants de l’euro veut remettre l'humain à la place qui lui revient: au centre.

*ed. Xenia

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