01/02/2012

L’ONU et l’image de Davos

La semaine dernière, tout ce qui compte dans le monde s’est donc retrouvé à Davos pour redorer le blason du capitalisme, passablement terni depuis 2008, et, du même coup, pour redonner du lustre au Forum, qui en est son porte-voix. Dans cette opération de sauvetage, les représentants de l’ONU, des institutions multilatérales et de la société civile étaient donc très présents, à commencer par Ban Ki-moon, le secrétaire général, les patronnes de l’OMS et du PNUD, etc. D’ailleurs, l’ex-cheffe du Programme alimentaire mondial, Josette Sheeran, n’a-t-elle pas été nommée directrice adjointe du World Economic Forum ? Seul petit problème : pour relancer le libéralisme économique et faute d’accord sur le Doha Round, les leaders ont décrété la mort du multilatéralisme et la renaissance de l’approche bilatérale, c'est-à-dire du chacun pour soi…

 

 

 

 

 

 

 

 


Cette paralysie du multilatéralisme est incarnée depuis dix ans par la Conférence du désarmement, qui vient d’ouvrir sa session 2012. Avec de plus en plus de lucidité et de moins en moins de langue de bois pour une fois. Un diplomate a ainsi pu dire que « ses membres étaient sur la voie d’un suicide collectif » tandis que le secrétaire général de l’ONU a évoqué, lui, l’idée de naufrage général. La Conférence est en effet bloquée par le Pakistan, qui refuse obstinément tout progrès du traité sur les matières fissiles. Les Etats-Unis, par la voix de leur Secrétaire d’Etat adjointe, Rose Goettemoeller, se sont contentés d’une déclaration lénifiante, de peur de vexer encore plus leur allié pakistanais avec qui ils sont en froid.

 

→On a beaucoup parlé de la conférence mondiale des télécoms, la plus grande du genre avec 3000 participants, qui a eu lieu la semaine dernière à Genève, à propos du rajout d’une seconde intercalaire pour remettre le temps universel à la bonne heure. L’enjeu de cette conférence était pourtant ailleurs : les délégués ont en effet surtout discuté fréquences radios et largeurs de bandes, qui concernent toute l’industrie des smartphones et de la nouvelle génération de portables. Limitées, ces fréquences sont de plus en plus encombrées par la transmission de données privées à tel point que la saturation menace. Faudra-t-il bientôt rationner les emails et les sms ?

10:03 Publié dans La chronique de Guy Mettan | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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