30/03/2012

Rapport 2011 d'Alkarama: Les révolutions arabes entre réussite et échec

27 mars 2012: le Club suisse de la presse accueillait Alkarama pour une conférence de presse sur son rapport 2011, avec Me Rached Mesli, directeur du département juridique, Michael Romig, responsable de la recherche de fonds et Noemie Crottaz, chargée des relations avec les Nations unies.


Alkarama est une ONG qui défend les droits humains dans les pays arabes. Sa particularité est de déposer systématiquement des plaintes auprès des Nations unies, au nom des victimes, lorsqu'elle dispose de suffisamment de preuves de violations des droits les plus fondamentaux, a expliqué Noemie Crottaz, responsable des relations avec l'ONU. Selon le directeur du département juridique, Rachid Mesli, son taux de réussite est de 100% puisque jusqu'ici, tous ses dossiers ont été acceptés par le Conseil des droits de l'homme. Ces plaintes concernent des morts, des disparus, des détenus sans jugement, blessés, torturés. Par ailleurs, elle dispose de réseaux étendus qui lui permettent de soutenir des victimes sur le terrain.

"2011 restera dans nos esprits comme une année de changements mais aussi de répression et de sang", a déclaré Rached Mesli. Dans les pays où une révolution a eu lieu, "nous avons eu l'énorme privilège d'être au front avec les victimes et en même temps protagonistes. Dans certains pays, nos sources sont maintenant dans des positions importantes, voire au gouvernement, comme en Egypte des Frères musulmans que nous avions défendus." Mais la réaction des régimes en place a provoqué un net accroissement du nombre de victimes.

"Le mur de la peur est tombé"

Les demandes d'aide à Alkarama ont explosé, "dix fois plus nombreuses que l'année précédente, parce que les gens, souvent des femmes, ont osé appeler, parler du sort de membres de leur famille, que le mur de la peur est tombé, même dans les pays qui n'ont pas connu de révolution", a estimé Michael Romig, responsable de la recherche de fonds. Cette augmentation est aussi due aux nouveaux moyens de communication (Internet, réseaux sociaux).

Contrairement à ce que laisse supposer son intense activisme dans quinze pays, Alkarama est une petite organisation. Son budget ne s'élève qu'à 800'000 francs. Mais comment est-elle financée ? Fondation depuis 2006, par des membres du conseil de fondation ou des privés émirati, et pour la première année aussi par le Fonds néerlandais pour les droits de l'homme. Mais elle manque d'argent et donc en cherche, sans pour autant l'accepter d'où qu'il vienne, a précisé Rache Mesli.

Autre question, soulevée par l'allusion de ce dernier aux Frères musulmans: Alkarama a-t-elle une orientation religieuse ? Il affirme qu'elle défend toutes les victimes sans exception, comme des coptes en Egypte ou des juifs au Yémen. Et  qu'elle veillera au respect des droits humains par les nouveaux gouvernements, pour que "de victimes ils ne deviennent pas bourreaux", indiquant qu'en Libye, elle avait déjà commencé ses actions de sensibilisation, auprès des rebelles, avant la chute de Kadhafi.

Son directeur exécutif, Mourad Dhina, menacé d'extradition vers l'Algérie

Il y avait un absent à cette conférence de presse, l'invité saoudien de l'ONG, Mohamed Al Qahtani, membre de l'ACPRA (Association saoudienne pour les droits civiques et politiques), empêché de quitter son pays. Ce genre de problèmes, l'ONG y fait régulièrement face. Mais il en est un qui actuellement la déstabilise: son directeur exécutif, Mourad Dhina, ancien membre du FIS (Front islamique du salut) et cofondateur du mouvement politique algérien Rachad, réfugié en Suisse depuis vingt ans, a été arrêté le 16 janvier dernier à Paris, sur la demande d'extradition des autorités algériennes. Condamné plusieurs fois par contumace en Algérie pour des activités subversives, il y avait jusqu'ici échappé grâce au refus des autorités helvétiques. Arrêt de la cour d'appel de Paris le 4 avril prochain.

Commentaires

Oui, il y a encore beaucoup de barrages et de résistances et cela même comme vous le soulignez, au sein des pays censés ne plus devoir être mis en cause dans ces processus.

Une question me tarabuste, Alkarama ne ferait pas et d'un seul coup, beaucoup d'ombre à ses "concurrentes" ou Alkarama ne contrecarre t-elle pas certains mécanismes un peu trop bien rôdé, si vous voyez à quoi je fais allusion ?

Alors que nous assistons à la sempiternelle tentative des "grandes" ou "grosses" ONG à se complaire dans un jeu de roulette un peu trop russe par les temps qui courent, et que la Syrie ridiculise certaines idéologies mal vieillies et s'ancrant dans cette forme d’humanitarisme à double tranchant basé sur des rentabilités échappant aux causes qui ne sont devenues que des prétextes, Alkarama tente de se démarquer de ce fatras, mi-diplomatique, mi financier avec un nombre d’adhérents imperturbables et coutumiers des farces sans cesse répétées.

Mais hormis les freinages financiers, Alkarama possède un bien inestimable ; toute intelligentsia il y a peu, muselée néanmoins bel et bien plus debout que jamais, c'est un capital inouï sur un terreau aussi fertile, arrivé à de tels résultats en si peut de temps a pour le moins le mérite de faire réfléchir la vielle garde rompue à des routines peu reluisantes.

Irène, en parlant du boucher des Aurès, il était le ciment de tous les "mouvements" incriminés de concours avec l'armée, le gouvernement et autres pilleurs accomplis, mais était aussi l'instigateur de l'union GIA/FIS, car ce sont ensembles que sur des ordres venant "d'ailleurs" 300'000 villageois furent massacrés dans des zones non électrifiées.

Pour mourad dhina, les jeux sont fait, il a commit, par pêché d'orgueil, la chose à ne jamais faire, fréquenté des aéroports français, même que pour un transit !

Écrit par : Corto | 30/03/2012

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