26/04/2012

Réfugiés afghans: une stratégie de solutions

Le 25 avril 2012, le Club suisse de la presse recevait M. Martin Dahinden, directeur, Direction du développement et de la coopération (DDC) et Mme Erika Feller, Haut Commissaire assistante pour la protection, HCR, pour la conférence de presse : Réfugiés afghans: une stratégie de solutions


Les 2 et 3 mai, aura lieu à Genève, la Conférence internationale sur une stratégie de recherche de solutions durables pour les réfugiés afghans, et d'appui au rapatriement librement consenti, à la réintégration durable et à l'assistance aux pays hôtes, organisée par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et la Suisse. Y seront discutées les différentes façons d'aider les Afghans déracinés, à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays, ainsi que leurs pays d'accueil.

Martin Dahinden directeur de la DDC, a motivé ainsi la participation de la Suisse : "Cette conférence est la première tentative coordonnée réunissant le HCR et les trois principaux gouvernements concernés par la situation prolongée de réfugiés afghans, en vue d'établir une stratégie de solutions durables. Nous encourageons cette approche, car elle remet sur l'agenda international une question humanitaire importante dans toute sa complexité."

L'une des situations de réfugiés les plus anciennes et complexes

Le déplacement de populations afghanes entre dans sa quatrième décennie. C'est l'une des situations de réfugiés les plus anciennes et compliquées. "1,7 million d'entre eux se trouvent encore au Pakistan et un million d'autres en Iran, sans compter tous ceux, et ils sont nombreux, qui ne sont pas enregistrés, ou les personnes déplacées à l'intérieur du pays du fait de l'insécurité ou de la
sécheresse ", a expliqué Erika Feller, Haut commissaire assistante pour la protection au HCR

Depuis 2001, environ 5,7 millions d'Afghans sont rentrés via le plus important programme de rapatriement jamais organisé par le HCR. "Ils représentent un quart de la population, mais beaucoup peinent à reconstruire leur vie." La conférence devrait adopter une nouvelle stratégie, qui comprend notamment l'appui au développement communautaire, pour résoudre ces problèmes de réintégration. 150'000 retours par année sont prévus sur trois ans.

Concernant le Pakistan et l'Iran, où un certain essoufflement se fait ressentir du fait de l'importance de la charge que représentent les réfugiés pour l'Etat, "cette stratégie devra permettre de partager celle-ci et de pérenniser la solidarité internationale afin de préserver l'espace d'asile durant la recherche de solutions de retour", a déclaré Erika Feller, précisant qu'il ne peut s'agir que de retour volontaire.

2014, année d'incertitudes accrues en Afghanistan

Aux problèmes actuels s'en ajouteront bientôt d'autres, en Afghanistan, pointés par Martin Dahinden: "La réduction des investissements étrangers à partir de 2014 engendrera une contraction macroéconomique qui aura des effets négatifs sur le budget de l'Etat. Par ailleurs, face au retrait des troupes internationales, la sécurité reste la grande inconnue de l'avenir, alors que le nombre de déplacés internes augmente déjà."

Mais la réunion portera au-delà des échéances de transition et la communauté internationale sera exhortée à s'engager à long terme dans les domaines de l'aide humanitaire et du développement - sans pouvoir être précise, Erika Feller avance le coût de 1,9 milliard de dollars sur trois ans. 60 gouvernements y seront représentés, dont un ministre de chacun des Etats directement concernés. Mais si l'Afghanistan et le Pakistan ont confirmé leur présence, ce n'est pas encore le cas de l'Iran.

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