14/02/2013

Appréciation des perspectives économiques par la BNS

Le 12 février 2013, Le Club suisse de la presse a reçu Thomas Jordan, président de la Direction générale de la Banque nationale suisse


Thomas Jordan s'est réjoui qu'au niveau international, la confiance renaisse, surtout sur les marchés financiers. Il a relevé que dans de nombreux cas, les indices sont à leur niveau le plus haut depuis 2008. Par ailleurs, les rendements des emprunts d'Etat des pays européens périphériques - la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie - connaissent une forte baisse.

Le président de la BNS a rappelé que ce regain de confiance ne datait pas d'hier mais de juillet 2008, lorsque Mario Draghi, président de la BCE, avait déclaré que celle-ci ferait le nécessaire pour assurer l'avenir de l'euro. Parmi d'autres facteurs ayant contribué depuis lors à améliorer le climat sur les marchés, M. Jordan a mentionné l'accord politique conclu aux Etats-Unis pour éviter le "mur budgétaire".
"Le changement de perception du risque relatif à la crise de la dette en Europe se reflète également sur les marchés des changes", et comme cela a été constaté ces derniers temps, "l'euro a retrouvé de sa vigueur face aux autres monnaies", a poursuivi le président de la BNS.

La crise n'est pas terminée

Mais de là à considérer que la crise est terminée, il y a un pas que Thomas Jordan ne franchit pas. "L'économie mondiale n'a pas été suffisamment dynamique jusqu'ici et la récession s'est même accentuée dans certains pays. La sous-utilisation des capacités de production des pays industrialisés perdure. " Pourtant, la BNS table sur une amélioration progressive grâce, notamment, aux économies émergentes.

La situation en Suisse

Face à ce contexte international, la Suisse a plutôt bien résisté. Contrairement à la zone euro, elle n'est pas entrée en récession.
Pour l'année 2013, le directeur de la banque centrale compte sur une croissance du PIB de 1% à 1,5%. "Comme la reprise mondiale n'est pas d'actualité, la sous-utilisation des capacités de production devrait se prolonger en Suisse aussi et le chômage continuer à croître."

En matière de politique monétaire, le président de la BNS a déclaré que le cours plancher à 1,20 franc contre 1 euro, introduit en 2011 pour lutter contre le risque d'une évolution déflationniste, demeure l'outil adéquat pour garantir la stabilité des prix. Même si depuis le début de l'année, le franc s'est affaibli, il n'en demeure pas moins surévalué par rapport à l'euro, et le risque de fluctuation extrême du taux de change subsistera tant que les problèmes budgétaires de la zone euro ne seront pas résolus. D'où la nécessité de maintenir le cours plancher et de se tenir prêts à prendre des mesures supplémentaires en cas de besoin.

Interrogé sur le risque de bulle immobilière, Thomas Jordan a répondu: " L'évolution du marché est préoccupante. La croissance du volume des crédits hypothécaires est toujours plus forte que la croissance du PIB et les prix de l'immobilier continuent à monter." Des mesures seront-elles prises ? "Le volant anticyclique peut être activé par le Conseil fédéral sur proposition de la BNS", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne communiquerait pas à ce sujet avant que le Conseil fédéral ne rende publique sa décision.

Comme en écho à ces propos, le Conseil fédéral annonçait le lendemain que le volant anticyclique était partiellement activé.


Irène Lichtenstein

Vidéo intégrale de la conférence  sur www.pressclub.ch

 

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