15/04/2013

L’eau, un destin pour Genève

 Le 22 mars a eu lieu la journée mondiale dédiée à l’eau. 2013 ayant été proclamée Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau, l’accent a été mis cette année sur les partenariats aux niveaux local, national et transfrontalier. La Convention sur l’eau de la CEE-ONU, en vigueur depuis plus de 20 ans, a été remise à jour et élargie aux pays non européens, à l’initiative du Tadjiskistan. La Convention adopte une approche holistique, basée sur le fait que les ressources en eau jouent un rôle essentiel pour les écosystèmes, les sociétés et les économies. 38 pays de la CEE-ONU et l’Union européenne participent à la Convention.

Pourquoi évoquer cette Journée si institutionnelle? Parce que l’eau est considérée par les experts comme l’un des grands enjeux du XXIe siècle. De publique et gratuite, elle devient privée et commercialisée sous l’influence des multinationales, et d’abondante, elle devient une ressource rare. Or la Suisse et la Genève internationale, qui ont raté le train de l’environnement, auraient tout intérêt à se profiler dans le domaine de l’eau avant que d’autres villes internationales s’y intéressent.

 

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Juste avant, le 20 mars, a eu lieu la Journée mondiale de la santé orale. Une de plus, direz-vous ! Vous aurez raison. Sauf que celle-ci, malgré sa modestie apparente, mérite l’attention. La Fédération dentaire mondiale a en effet saisi l’occasion de rappeler que 90% de l’humanité souffre à un moment ou à un autre d’une maladie de la bouche dans sa vie (carie, gingivite ou cancer) et que 60% de la population mondiale seulement a accès à des soins alors que les maladies dentaires, outre leurs effets socialement discriminants, sont à l’origine d’une centaine de maladies. Et de souligner que l’hygiène dentaire et la prévention sont très faciles et peu coûteuses… Mais encore faut-il le savoir et investir dans un domaine qui a l’inconvénient d’être peu spectaculaire et moins glamour que la chirurgie ou la cardiologie…

 

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Commentaires

Je suis assez étonné de voir que peu de journalistes ne semblent se préoccuper des dérives prévisibles de la privatisation de l'eau.
Je n'ai encore pas vu l'ombre d'un article qui parle du pouvoir que détient la Suisse avec son château d'eau, si ce n'est sous l'angle de l'énergie hydraulique.
Peu d'articles aussi sur la ruée de Nestlé sur les sources d'eau minérale dans le monde.
Et rien sur l'impossibilité de la Chine d'envisager une seconde de rendre le Tibet région autonome, non pas pour ses ressources minérales, mais bien pour l'eau de l'Himalaya.
Seule la science fiction nous donne une idée de ce qui pourrait arriver demain. Et comme, avec le temps, la science fiction devient souvent réalité contemporaine (Jules Vernes), nous aurions de quoi nous inquiéter sérieusement.

Écrit par : Pierre Jenni | 15/04/2013

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