21/06/2013

"Avec les victimes de guerre: photographies de Jean Mohr"

A l'occasion du 150ème anniversaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de la première Convention de Genève, le Musée de l'Elysée et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) se sont associés pour présenter à l'Office des Nations Unies, à Genève, du 24 juin au 30 août, une importante exposition tirée du Fonds Jean Mohr, intitulée: "Avec les victimes de guerre: photographies de Jean Mohr", qui voyagera ensuite à travers le monde jusqu'en 2016.


"Avec les victimes", a expliqué Sam Stourdzé, directeur du Musée de l'Elysée, lors de la conférence de presse donnée hier matin au Club suisse de la presse, parce que Jean Mohr est un photographe "qui tend la main" - comme lui-même le dit dans le film portrait présenté dans le cadre de l'exposition: "Si je vois une enfant se noyer, je ne peux pas prendre une photo. Je lui tends la main." Un humaniste, mais pas seulement, a insisté Sam Stourdzé: "un artiste", raison pour laquelle le fonds Jean Mohr a été confié au Musée de l'Elysée, comme les fonds Ella Maillart, Nicolas Bouvier, Marcel Imsand, Charlie Chaplin et, tout récemment, René Burri.

Sam Stourdzé a aussi félicité le CICR, en la personne de sa vice-présidente, Christine Beerli, "d'avoir toujours fait appel à la photographie et d'avoir choisi les meilleurs", (dont Jean Mohr) pour la promotion de son engagement sur le terrain. "Pas les plus sensationnalistes mais ceux qui savent documenter une situation et rendre leur dignité aux populations." Manuel Bessler, délégué à l'aide humanitaire au DFAE a, lui, souligné la convergence entre le choix de Jean Mohr et celui de la Suisse sur les lieux de conflits: "privilégier les gens, les victimes".

Avant de devenir photographe à part entière, Jean Mohr (né en 1925) a été délégué du CICR au Moyen-Orient. Dès 1950 et pendant des décennies, désireux de témoigner du drame que vivent les civils piégés par des conflits, il a réalisé des reportages dans le monde entier pour des organisations internationales. Mais c'est autour de la Palestine, de Chypre et de l'Afrique que l'exposition se concentre, ciblant "le problème des victimes de conflits, des réfugiés et des communautés fragilisées par la guerre et sur qui pèsent encore des menaces", précise le fascicule de présentation. Thématisée - "portraits de l'exil", "la diaspora des enfants", "paysages provisoires" et "la vie continue" -, elle évoque les étapes de leur déplacement, depuis leur "installation dans la précarité des camps et des centres d'accueil jusqu'à leurs tentatives d'adaptation à une situation qui se prolonge indéfiniment."

Plus de 80 expositions ont été consacrées à Jean Mohr en Suisse et dans le monde. A la Photokina, à Francfort, il a obtenu le prix du photographe ayant le plus œuvré pour la cause des droits de l'homme…en 1978. Déjà!

Hier, avec sa modestie coutumière, lui-même a surtout insisté sur la satisfaction que lui procurent les excellentes conditions de conservation réservées à ses oeuvres par le Musée de l'Elysée.

Irène Lichtenstein


Vidéo de la conférence de presse: www.pressclub.ch


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