30/06/2013

Berne "a mis le turbo" pour la Genève internationale

Le conseiller fédéral Dider Burkhalter a lui-même annoncé la bonne nouvelle, jeudi au Club suisse de la presse, aux côtés de Charles Beer, président du Conseil d'Etat et de Sandrine Salerno, maire de Genève: le Conseil fédéral a "pris conscience" qu'il fallait agir pour la Genève internationale, pour "la Suisse internationale à travers Genève", et a "mis le turbo". « Pour la première fois depuis vingt ans, nous avons adopté une stratégie commune avec le canton et la Ville de Genève », s'est félicité le chef du Département des affaires étrangères (DFAE).


Jusqu'ici la Confédération n'intervenait que pour les nouvelles constructions dont avaient besoin les organisations internationales. Aujourd'hui, elle s'engage aussi pour la rénovation de leurs bâtiments, devenue indispensable et urgente, en premier lieu celle du Palais des Nations. 300 millions de francs, à savoir 50% de son coût, seront mis à disposition de la FIPOI (Fondation des immeubles pour les organisations internationales), sous forme de prêt sans intérêts, remboursable sur trente ans, 70% par Berne, 30% par le canton et la Ville de Genève.
Pour les dix prochaines années, l’ensemble des travaux de rénovation est évalué à 1,2 milliard de francs.

Mais pourquoi un tel engagement financier ? La facture est trop élevée pour les Etats contributeurs au système onusien. Par le biais de la Genève internationale, la
Suisse est aujourd'hui le premier centre de gouvernance mondiale, atout considérable pour sa politique extérieure. Par ailleurs, la Genève internationale représente 28'000 emplois - soit un emploi sur dix dans le canton de Genève -, près de 200'000 délégués et experts par an participant aux conférences, 40'000 diplomates et fonctionnaires. De plus, selon l'étude "La Genève internationale et son avenir", menée par le Groupe permanent conjoint Confédération Canton sur les priorités de la Genève internationale (GPC) et présentée lors de la conférence de presse, le nombre d'emplois indirects liés à la Genève internationale s'élève à 19'000 pour le canton de Genève, 4'000 pour celui de Vaud, et la consommation totale des biens et services avoisine les 3 milliards de francs.

Pour pérenniser ces bénéfices, alors que la concurrence avec d'autres villes s'est faite "plusvive, plus acérée", comme l'a rappelé Charles Beer, que la mondialisation, la crise, le franc fort rebattent les cartes, il faut offrir des avantages aux organisations internationales. L'un d'entre eux consiste en ces prêts.

La Suisse est Etat hôte par le biais de Genève et doit assumer ses responsabilités. "Soyons heureux d'accueillir le monde et d’échanger avec lui », a exhorté Didier Burkhalter. De favoriser les conférences internationales comme celle sur la Syrie, devenue « la Conférence de Genève »- qui pourrait avoir lieu avec retard -, les initiatives, les médiations pour la paix. Travaillons à « intensifier le rôle de Genève au regard de la situation mondiale » et par là de la Suisse internationale. Pour ce faire, « nous devons apprendre à travailler en réseau ».

Un petit groupe sera créé, «Genève+», qui réfléchira aux futurs défis de la gouvernance mondiale et au «repositionnement» de la Suisse, a annoncé le conseiller fédéral. « Il faut trouver des solutions globales » et Genève, « le cœur de l’ONU », gardera sa place privilégiée si elle s’implique en mettant à profit tout son potentiel pour les « défis globaux ».

Irène Lichtenstein

Vidéo de la conférence de presse: www.pressclub.ch

 

 

 

Commentaires

sûr qu'avec Beer et Salerno pour s'y coller,
on peut s'attendre à une défense de notre souveraineté plus que déviante
aux seuls bénéfs d'entrepreneurs tels Vinci & autres potes français,

au bénéf de gens au pouvoir d'un grand-Genève non légitimé par les suisses

Beer & Salerno finissant de démanteler ce qui reste de souveraineté et de démocratie suisse à Genève.

Car pour eux seuls comptent les bénéf attendus (& pas les dettes engrangées) des contrats et engagements CH/GE via les millefeuilles d'agences d'agglos françaises.

A quand une votation sur ce grand-Genève voulu par les frontaliers?

Écrit par : Pierre à feu | 30/06/2013

Pourquoi ces dépenses ne font-elles pas l'objet d'un référendum ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/07/2013

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